Comment configurer et utiliser un disque RAM sous Windows

Un disque RAM (ce lecteur virtuel astucieux intégré à votre RAM) peut considérablement augmenter votre capacité de stockage à accès rapide, surtout si vous disposez d’une grande quantité de RAM. Ses vitesses de lecture/écriture rapides, jusqu’à 10 fois supérieures à celles des SSD, le rendent idéal pour stocker des fichiers comme le cache, les fichiers temporaires ou même les données de navigation. Cependant, il est assez surprenant que Windows ne propose pas de solution intégrée pour cela ; il faut donc recourir à des logiciels tiers. J’ai parfois vu des utilisateurs se décourager en essayant de configurer un disque RAM facilement. Ce guide devrait vous aider à installer et à utiliser un disque RAM, que vous soyez sous Windows 10/11 avec une application tierce ou même sur un serveur Windows sans logiciel supplémentaire. Attention : les disques RAM sont volatiles et sont donc effacés au redémarrage, sauf si vous configurez une routine de sauvegarde/restauration, ce qui peut s’avérer fastidieux, mais reste possible. En résumé, vous obtiendrez un disque virtuel ultra-rapide pour ces dossiers cache ou temporaires, ce qui peut améliorer légèrement les performances — et même, sur certaines configurations, de façon inattendue.

Comment résoudre les problèmes de configuration du disque RAM sous Windows 10/11 et serveur

Utilisez ImDisk Toolkit pour Windows 10/11

Celui-ci est un favori car il est gratuit, léger et assez simple. De plus, il est open source, donc pas de soucis avec les logiciels malveillants ou indésirables. Le hic, c’est que Windows ne propose pas de solution directe pour créer des disques RAM ; il faut donc recourir à des logiciels tiers. ImDisk s’avère plutôt fiable : sur une machine, il a fonctionné du premier coup, sur une autre, un redémarrage a été nécessaire – car, bien sûr, Windows a la fâcheuse habitude de compliquer les choses inutilement.

Commencez par télécharger ImDisk Toolkit depuis SourceForge. Une fois installé (en exécutant install.batle programme d’installation), ouvrez RamDisk Configuration depuis le raccourci sur votre bureau.

Dans l’ onglet Basique, définissez la taille de votre disque RAM ; n’allouez pas plus de 20 à 30 % de votre RAM totale, sauf si vous êtes audacieux. Attribuez une lettre de lecteur, par exemple R:\, et activez ou désactivez le démarrage automatique au lancement de Windows (pratique pour un accès permanent).Si vous souhaitez que certaines applications utilisent ce disque plus rapide, vous pouvez rediriger leurs dossiers de cache vers celui-ci, facilement réalisable avec des liens symboliques ( mklink /jcommandes).Pour simplifier le redémarrage, définissez le répertoire d’enregistrement de l’image du disque RAM dans l’ onglet Données et cochez la case Synchroniser à l’arrêt du système. Ainsi, votre cache sera enregistré avant l’arrêt et rechargé au démarrage.

Pour vérifier son fonctionnement, ouvrez l’Explorateur de fichiers et vérifiez si votre nouveau lecteur apparaît. S’il est absent ou ne se monte pas, redémarrer Windows ou revérifier votre configuration peut résoudre le problème. Sur certains ordinateurs, cette opération est parfois capricieuse ; un redémarrage suffit parfois.

Optimisation de l’utilisation du cache avec les liens symboliques et les paramètres de l’application

C’est là que ça devient intéressant, mais aussi un peu délicat. Vous pouvez déplacer les dossiers de cache des applications vers votre disque RAM en créant des liens symboliques. L’application croit ainsi que son cache se trouve sur le disque local, alors qu’il est en réalité stocké dans la RAM. Par exemple, pour Microsoft Edge, vous pouvez exécuter des commandes comme :

mklink /j "%userprofile%\AppData\Local\Microsoft\Edge\User Data\Default\Cache\" "R:\edge\Default\Cache" mklink /j "%userprofile%\AppData\Local\Microsoft\Edge\User Data\Default\Code Cache\" "R:\edge\Default\Code Cache" mklink /j "%userprofile%\AppData\Local\Microsoft\Edge\User Data\Default\Service Worker\CacheStorage\" "R:\edge\Default\Service Worker\CacheStorage"

De même, pour Teams ou Chrome, il suffit d’indiquer le dossier cache dans les options de démarrage de l’application. Pour Chrome, un raccourci comme celui-ci suffit :

"C:\Program Files (x86)\Google\Chrome\Application\chrome.exe" --disk-cache-dir="R:\Chrome"

De cette manière, Chrome écrit les données du cache dans la RAM, réduisant ainsi l’usure des SSD et améliorant les temps de chargement, à condition que votre disque RAM soit suffisamment rapide.

Bilan de performance et conseils pratiques

Une fois configuré, il est conseillé de tester votre disque RAM avec des outils comme CrystalDiskMark. Si votre disque RAM est correctement configuré, vous devriez constater des vitesses 2 à 3 fois supérieures à celles de votre SSD NVMe. Notez toutefois que les performances réelles peuvent dépendre de la configuration de votre RAM et de votre carte mère. De plus, sachez que sur certaines configurations, la méthode de lien symbolique ou les optimisations spécifiques à certaines applications peuvent ne pas fonctionner parfaitement immédiatement ; un redémarrage ou une nouvelle configuration peut s’avérer nécessaire.

Création d’un disque RAM sur un serveur Windows avec iSCSI

Les choses se compliquent un peu. Vous pouvez créer un disque RAM sans application supplémentaire grâce à la fonctionnalité iSCSI intégrée à Windows, une solution plutôt originale mais efficace pour les serveurs. Vous devrez activer le rôle Serveur cible iSCSI via Gestionnaire de serveur > Ajouter des rôles et des fonctionnalités. Ensuite, vous devrez ouvrir les ports nécessaires (comme le port 3260) dans le Pare-feu Windows Defender, ce qui peut se faire via PowerShell.

Set-NetFirewallRule -Name MsiScsi-in-TCP -Enabled True Set-NetFirewallRule -Name MsiScsi-out-TCP -Enabled True

Ensuite, modifiez la valeur AllowLoopBack dans la clé de registre HKLM\Software\Microsoft\iSCSI Target et attribuez- lui la valeur 1 afin que votre serveur puisse se connecter à sa propre cible iSCSI (oui, c’est un peu complexe).Enfin, créez un disque virtuel (environ 5 Go constituent un bon point de départ).

New-IscsiVirtualDisk -Path "ramdisk:testRAM.vhdx" -Size 5GB

Configurez votre cible avec une commande comme :

New-IscsiServerTarget -TargetName targetRAMDisk -InitiatorIds @("IPAddress:xxx.xxx.xxx.xxx")

Connectez-le ensuite via l’outil d’initiation iSCSI de votre serveur. Une fois la connexion établie, ouvrez diskmgmt.msc et initialisez/formatez le lecteur, c’est-à-dire attribuez-lui une lettre de lecteur valide permettant l’écriture. Il vous faudra peut-être automatiser cette étape (c’est ce que j’ai fait ; cela implique de nombreuses manipulations en ligne de commande).

N’oubliez pas : cette configuration est plus complexe et a tendance à être un peu plus lente que l’utilisation d’outils dédiés comme ImDisk. De plus, lors du redémarrage du serveur, il faut tout recréer, sauf si le processus est automatisé. Il est toutefois appréciable de savoir que Windows peut le faire nativement.

Pour nettoyer une fois que vous avez terminé ou en cas de problème :

Remove-IscsiVirtualDiskTargetMapping -TargetName targetRAMDisk -DevicePath "ramdisk:testRAM.vhdx" Remove-IscsiServerTarget -TargetName targetRAMDisk Remove-IscsiVirtualDisk -Path "ramdisk:testRAM.vhdx"

Utiliser les outils intégrés pour un disque RAM n’est pas aussi simple qu’avec des solutions tierces, mais c’est faisable si vous maîtrisez PowerShell et la modification du registre. De plus, c’est un projet intéressant si vous aimez bidouiller les configurations de serveurs.